Rencontre avec Pierre Merriaux

Interview


C’est au « ONE MORE », sympathique bar situé dans 11ème arrondissement de Paris, que je retrouve l’artiste P.(Pierre Merriaux) pour assister à la création d’une fresque murale. L’artiste entretient un lien tout particulier avec ce lieu. En effet, c’est ici que s’est déroulée sa toute première exposition en mars dernier.



Qui es-tu en quelques mots ? 

Je suis P. (Pierre Merriaux) artiste Street art et Contemporain.

Quel a été le parcours professionnel et artistique qui t’a forgé en tant qu’artiste ? 

Je dessine depuis que je suis tout petit. ma grand-mère est sculptrice. Donc, disons que j’ai toujours baigné dans un environnement artistique.

Après un bac S, je me suis dirigé vers des études de médecine pour finalement suivre une filière dans la biologie. Je suis un véritable passionné de science. Je pense que quelque part ça se retrouve dans mon travail par le côté organique des formes que j’utilise.




Qu’est-ce qui t’a conduit vers le Street art ?

Je me suis mis à faire du graffiti au collège avec un groupe de potes. Après quoi j’ai arrêté durant plusieurs années par peur de me faire attraper comme c’est arrivé à beaucoup de mes amis de l‘époque.

Il y a environ 2 ans, après un passage à vide qui s’est poursuivi durant plusieurs mois, j’ai ressenti le besoin de retourner dans la rue, de m’aérer l’esprit par le biais du graffiti.

Comment décrirais-tu ton style ?

Je fais du «Doodle style», que l’on pourrait définir comme un amas de formes, de personnages qui se mélangent pour composer un motif abstrait.

Je suis en perpétuelle recherche de la ligne parfaite afin d’obtenir un résultat le plus homogène possible.
Je dirais que j’ai un univers assez enfantin.  Je me revendique comme un artiste naïf.




Peux-tu nous parler de ta démarche artistique ?

Pour être tout à fait honnête, je fais ça d’une façon un peu égoïste. J’ai une approche du Street art assez cathartique. Finalement, j’y suis revenu pour sortir d’une mauvaise passe.

Même si j’ai bien sûr une volonté de partage en intervenant dans la rue, je n’ai pas pour objectif de délivrer un message en particulier.

C’est plutôt dans l’idée que le citoyen peut et doit, à mon sens, reprendre possession de l’espace public.

Quand tu te balades dans différentes villes d’Europe où le graffiti est toléré voire même autorisé, tu te rends compte que les gens réinvestissent la rue, que c‘est chez eux quoi.

Je ne le fais pas du tout de façon subversive. Je trouve qu’il y a beaucoup d’interdits qui étouffent notre créativité et empêchent les gens de s’exprimer librement dans l’espace public.

En faisant du graffiti, j’ai juste le sentiment de me réapproprier ce qui m’appartient en fait.




Quelles sont tes techniques, tes supports de prédilection ?

J’utilise diverses techniques comme la bombe, la craie, un peu d’aquarelle dernièrement et les marqueurs. Je dessine aussi beaucoup sur mon IPad pour réaliser mes sketchs.

Pour moi il n’y a pas de mauvais support. Par exemple sur l’île de Mazin en Bretagne, j’ai tagué sur des poubelles et je n’ai eu que des bons retours.

Les riverains étaient contents de voir leurs poubelles customisées.

Un souvenir, une anecdote de rue que tu souhaiterais partager avec nous ?

Je me souviens d’un soir. Il devait être 3 heures du mat. J’étais en train de faire une planche dans la rue. Quand un petit couple, qui passait par là, m’a abordé pour me demander ce que je comptais en faire et s’ils pouvaient la prendre. Je leur ai dit : «ok, c’est fait pour !».

 Et ils sont repartis tout contents avec leur planche sous le bras. C’était vraiment touchant. J’étais content d’avoir fait partie de leur soirée.




Quelles sont tes influences et inspirations artistiques ?

J’ai puisé mes inspirations un peu partout comme dans la culture Pop’art, le graffiti, les dessins animés des années 90’, ainsi que dans les bandes dessinées « kid Paddle». Ce sont des choses qui m’ont beaucoup marqué.

Peux-tu nous parler de ton personnage Mr. Mollard ?

Je l’ai appelé Mr. Mollard en référence aux livres « Monsieur/Madame » qui ont bercé mon enfance. C’est aussi comme un marquage ADN que je projette sur les murs.

D’ailleurs, je travaille actuellement sur d’autres «persos» qui devraient faire leur apparition dans la rue prochainement... 

Quelles émotions voudrais-tu susciter chez les gens face à ton travail ?

Je pense comme tout artiste qui expose son travail aux regards. J’attends une sorte de reconnaissance. J’ai envie que ça plaise.




Quel est ton point de vue sur le côté légal/illégal ?

Je suis partisan d’une légalité complète du Street art. Je pense que son aspect vandale freine beaucoup de gens talentueux à exposer leur art dans la rue et je trouve ça vraiment dommage. D’après moi, l’espace public devrait être un terrain d’expression ouvert à tous.

Qu’est-ce que la rue t’a apporté ?

Des potes, des rencontres, des collaborations, des opportunités... 


Collaboration avec L'oiseau craie 


Des projets, des actualités venir pour 2018 ?

Prochaine exposition à venir au côté de Toc Toc et Dark Snooppy à la galerie YAM (Young Artiste Montmartre) prévue pour le mois d’Avril.






Pour voir sa création  rendez vous au ONE MORE :
4 rue le Folie Méricourt
75011 Paris

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